Mayenne-et-Loire ou Maine-et-Loire ? Voila la question

Histoire de Maine-et-Loire

Le département de Maine-et-Loire créé sur une partie de l’ancienne province d’Anjou.

L’histoire du département de Maine-et-Loire commence en 1790 avec la décision de l’Assemblée constituante de créer le département de Mayenne-et-Loire s’étendant sur une grande partie de l’ancienne province d’Anjou.

Dénomination et usage

Le département a été créé à la Révolution française, le  en application de la loi du  et correspond à la majeure partie de la province d’Anjou. Il existe une incertitude quant au nom de la rivièreMaine ou Mayenne et donc sur le nom du département à sa création. Ainsi, le décret de l’Assemblée du  donne le nom de Mayenne-et-Loire, comme la nomination par le roi des commissaires du département le  et comme le décret du  qui indique qu’Angers est le siège de l’administration du département. La proclamation du roi du  qui sanctionne le décret précédent parle de Maine-et-Loire4. Le Site sur la population et les limites administratives de la France (SPLAF) indique que le département s’est d’abord appelé Mayenne-et-Loire pour changer de nom pour Maine-et-Loire le  mais aucun décret national de changement de nom n’a été retrouvé à cette date. Toutefois l’assemblée du département étant réunie en séance ce jour-là, le choix du changement de nom a peut-être été fait au niveau local. Dans tous les cas, les deux noms ont cohabité dans les documents officiels de la création du département jusqu’à au moins la fin de l’an II (1794)5,6,7.

On dit et on écrit « le Maine-et-Loire »8,9 ; le nom du département a donc connu une masculinisation consacrée par l’usage alors que la règle aurait souhaité, la Maine et la Loire étant toutes deux féminines, que le nom « Maine-et-Loire » le fût également10. Le masculin vient peut-être, par contamination, de la province du Maine (chef-lieu Le Mans), voisine. Comme pour tous les noms de départements formés de deux termes liés par « et », à l’inverse des autres noms de départements, qui s’emploient avec l’article dans les compléments du nom et à la suite de la préposition « dans », on doit dire et écrire « département de Maine-et-Loire » ou « en Maine-et-Loire », et non « département du Maine-et-Loire » ou « dans le Maine-et-Loire »11, même si, là encore, « département du Maine-et-Loire »9 ou « dans le Maine-et-Loire » sont régulièrement utilisés.

Création du département

L’ancienne province d’Anjou, plus étendue que l’actuel département24, faisait partie depuis le xvie siècle de la généralité de Tours avec la Touraine et le Maine. La généralité de Tours d’après le Règlement général du  (États généraux) fut organisée avec un certain nombre de modifications qui laissaient présager le démantèlement des anciennes provinces royales. En effet, le , l’Assemblée Constituante brusque les choses en ordonnant aux députés des anciennes provinces de se concerter afin de mettre en place un réseau de nouveaux départements d’environ 324 lieues carrées, soit 6 561 km2. Des réunions se tiennent aussitôt dans l’hôtel du duc de Choiseul-Praslin, député de la noblesse de la Sénéchaussée d’Angers. Une trentaine de députés (des trois provinces) présents envisagent de rétrocéder des territoires au Poitou et de subdiviser le domaine restant en quatre départements, autour des capitales traditionnelles, ToursAngers et Le Mans, et autour de la ville de Laval qui récupérerait des terres du Maine et de l’Anjou.

Le , vingt-cinq députés (des trois provinces) approuvent ce partage mais les deux représentants de Saumur, de Ferrières et Cigongne, se dissocient de cette décision. Les Saumurois plaident en faveur d’un département de Saumur situé au carrefour des trois provinces de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou, avec Loudun pour le partage des pouvoirs. Ils accusent les représentants d’Angers de s’entendre avec leurs collègues du Maine et de Touraine pour le dépeçage de la sénéchaussée de Saumur. Ils les accusent également d’abandonner à la Touraine vingt-quatre paroisses anciennement angevines (autour de Château-la-Vallière et de Bourgueil). Le mécontentement grandit, la population de Bourgueil manifeste pour son maintien dans l’Anjou et se solidarise avec Saumur. Pendant ce temps, les représentants de Chinon, à l’instar de ceux de Saumur tentent également de créer leur propre département. Des dissensions apparaissent au sein du conseil municipal de Saumur. Certains représentants de la noblesse et du clergé approuvent le découpage proposé par Angers. En décembre de la même année, les Loudunais rompent leur accord avec Saumur. Le , l’Assemblée Nationale décrète que « Saumur et le Saumurois feront partie du département de l’Anjou ».

Intégrée dans le département de « Mayenne-et-Loire » (futur « Maine-et-Loire »), Saumur tente de partager avec Angers la fonction de chef-lieu. Ayant perdu la partie, les représentants de Saumur proclament que l’alternance entre Angers et Saumur permet de déjouer les intrigues et les cabales qui naissent de la fixité. Le lundi , ils obtiennent cent quatre suffrages en faveur de l’alternance mais cinq cent trente-deux voix se prononcent en faveur d’un siège permanent à Angers. Le nouveau département est constitué. L’Assemblée Constituante entérine cette structure le  et le roi le . Afin de calmer la susceptibilité des Saumurois, les trente-six membres du nouveau conseil du département portent à leur présidence Gilles Blondé de Bagneux (ancien maire de Saumur). Ainsi, jusqu’en , le premier président du conseil général du département sera Saumurois.

En 1790, lors de la création des départements français, le Sud-Saumurois (sénéchaussée de Loudun et pays de Mirebeau dépendants du gouverneur de Saumur et partie méridionale de l’Anjou) est rattaché au département de la Vienne. En 1802, lors de la nomination des premiers préfets de France, c’est un Loudunais, Pierre Montault-Désilles qui devient premier préfet du département de Maine-et-Loire. La même année, son frère Charles Montault-Désilles, devient l’évêque du diocèse d’Angers.

Pendant les Guerres de l’Ouest. La Terreur en Anjou

À Angers, où les envoyés en mission Hentz et Francastel sont confrontés, comme Carrier à Nantes, à l’arrivée de milliers de prisonniers vendéens après la bataille de Savenay, les militaires forment en janvier 1794 une commission militaire dite « commission Parein », qui, en quelques semaines, condamne à mort 2 000 personnes, essentiellement des femmes, dans la plupart des cas pour activité contre-révolutionnaire (terme générique renvoyant aussi bien à une participation active à la rébellion que la participation à une messe donnée par un prêtre réfractaire, la parenté avec des insurgés ou même le refus de céder aux avances des juges)2. Jean-Clément Martin note que « ce détournement à des fins personnelles des principes répressifs provoque le rejet de cette commission militaire par les révolutionnaires locaux. »

À Angers même, 290 prisonniers sont fusillés ou guillotinés et 1 020 meurent en prison par les épidémiesH 1. Une tannerie de peau humaine est établie, 32 personnes sont écorchées pour faire des culottes de cavalerie3.

Environ 12 fusillades se déroulent de fin  à la mi- aux Ponts-de-Cé, elles font 1 500 à 1 600 mortsH 2. On relève également quelques noyades qui font entre 12 et plusieurs dizaines de victimesH 2. Les fusillades d’Avrillé, au nombre de neuf, du  au , font 900 à 3 000 morts, les estimations les plus probables vont de 1 200 à 1 994H 3.

À Saumur, 1 700 à 1 800 personnes sont emprisonnées, 950 sont exécutés par les fusillades ou la guillotine, 500 à 600 périssent en prison ou meurent d’épuisementH 4. À Doué-la-Fontaine, du  au , 1 200 personnes sont emprisonnées, 350 à 370 sont exécutées et 184 meurent en prisonH 5.

De plus, 800 femmes sont emprisonnées à Montreuil-Bellay où 200 d’entre elles meurent de maladie, 300 sont transférées à Blois ou Chartes où elles disparaissent pour la plupartH 4. Près 600 à 700 vendéens capturés lors de la Virée de Galerne sont évacués vers Bourges où seule une centaine d’entre eux surviventH 4. Des centaines d’autres prisonniers sont encore fusillés à Sainte-Gemmes-sur-Loire et Le MarillaisH 6.

Au total, en Maine-et-Loire, ce sont 11 000 à 15 000 personnes, hommes, femmes et enfants, qui sont emprisonnées, parmi celles-ci 6 500 à 7 000 sont fusillées ou guillotinées, 2 000 à 2 200 meurent dans les prisonsH 1.

xixe siècle

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes prussiennes de  à  (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

xxe siècle

En 1940, le Maine-et-Loire est envahi par l’Allemagne nazie.

xxie siècle

Le , le territoire de la commune du Fresne-sur-Loire (Loire-Atlantique) est rattaché au département de Maine-et-Loire, décision préalable à la création de la commune nouvelle Ingrandes-Le Fresne sur Loire, située dans le Maine-et-Loire25.

Le , le territoire de la commune de Freigné (Maine-et-Loire) est rattaché au département de la Loire-Atlantique, décision préalable à la création de la commune nouvelle Vallons-de-l’Erdre, située dans la Loire-Atlantique26.


Article créé à partir des article de https://fr.wikipedia.org/wiki/Maine-et-Loire et de https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Maine-et-Loire

 

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